Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

inspiration du jour

Publié le par Fleming

un thème m´a été proposé: la solitude sur l´île où j´ai vécu, je le prends au vol ce matin, non pas que je me sente seule à l´instant, mais parce que j´ai une pensée pour la personne qui m´a inspiré le thème ;)

Une île reliée au continent par des rails. Pas de pont, pas de tunnel. Des rails, et quand le train glisse sur la voie il semble glisser sur l´eau. J´ai cru le temps de 11 kilomètres m´être glissée dans la peau de Chihiro...

Sur l´île cohabitent deux sortent d´êtres humains, l´une travaille pour le bien-être de l´autre, pendant que l´autre défile sur des kilomètres de littoral dans un sens, puis dans l´autre. Un trait d´écume sépare ce mouvement linéaire humain du mouvement linéaire des phoques.

Quand la nuit tombe, les rues se vident, la plage se vide, l´eau... je ne sais pas.

A chaque crépuscule se déroule un drame magnifique dans le ciel entre les nuages et la lune.

J´ai vécu silencieuse parmis ces trois mondes, travaillant comme les uns, défilant parmis les autres, scrutant les vagues pour distinguer les têtes de phoques des corps de mouettes. Avec le plaisir nocturne de me retrouver enfin seule sur la plage.

J´ai rencontré beaucoup d´individus, et certains noms resteront gravés dans ma mémoire, certains visages peut-être aussi, bien que les visages s´effacent avec le temps comme les voeux que j´écrivais sur le sable dur et que j´aimais voir disparaître léchés par les vagues.... Un voeu par jour pour chacun de mes amis sur le continent, loin là-bas... loin. Si loin que le seul lien entre nous me semblait être la voûte céleste.

Je  ne me suis pas fait d´amis avec qui partager les moments de détente, je ne les ai pas cherchés non plus. J´aimais être seule dans un monde qui me semblait si étrange. Une île sur laquelle déferlaient les vagues du grand Nord... jour après jour, une masse sombre ornée d´écume. Les embruns n´avaient rien d´une douce poésie, ils étaient... rageurs.

J´aimais me fondre dans mes impressions, mes pensées, un univers qui me rappelait mes lectures d´Haruki Murakami.

J´ai beaucoup observé. Les goelands, et leur nourriture quotidienne les étoiles de mer. Les coquillages. Les phoques, les vagues, les surfeurs, les nuages, le vent dans les dunes, le vent dans les voiles, le vent dans les cheveux, le vent dans le sable, le vent dans les yeux.

Les masses de touristes, les cafés, les bus, les vélos, les bosquets d´églantiers, les toits de chaume, les éperviers, les sandwich de poissons, les goelands qui attaquent les touristes pour leur chipper leur sandwich de poisson.

Les phoques. Comment ils glissaient dans les vagues, comment ils scrutaient les humains de leur petite tête lisse hors de l´eau avant de disparaitre dans le creu d´une vague, puis d´une autre, disparaître, et réaparraître, ailleurs, ou pas. Certains s´aventuraient sur le rivage... maladroitement, et s´ils étaient blessés, douloureusement. Certains sur le rivage étaient sans vie.

Les vagues chaque nuit déposaient des offrandes aux goelands, des cadavres de cormorans, des cadavres de canards, de corbeaux, de crabes... la plage aux aurores ressemblait à un champ de bataille souillé de sang, de chairs et de plumes.

Une île brutale.

C´est comme ca qu´un inconnu me l´a décrite en un mot, à mon retour dans la capitale. Je n´avais rien confié de plus que le nom de l´île sur laquelle j´avais vécu. J´ai trouvé son résumé juste. Brutale. Oui. Pour ceux qui y sont nés aussi, et qui y ont grandi, qui s´y étaient attachés, et qui ont dû la quitter parce que les loyers sont les plus chers du pays, et qui reviennent tous les matins, par le train de 5 heures...pour le bien-être de ceux qui la subliment.

J´ai aimé ma solitude, comme j´aime fermer les yeux pour écouter de la musique et me fondre dans un univers étranger.

J´ai apprécié mon retour sur le continent, mon retour parmis des humains divers et variés, mon retour dans la ville cosmopolite, entendre parler le russe, l´hébreu le japonais l´espagnol l´arabe et la liste est trop longue pour la continuer.

J´ai apprécié de retrouver les amis qui m´avaient manqué. J´ai fait un tri, et de la place pour de nouveaux amis.

 

 

Commenter cet article